SE CALER AU RYTME DES SAISONS
L’automne ne crie pas : les feuilles se détachent sans bruit, la lumière se fait plus douce, les journées raccourcissent comme pour nous inviter : il est temps de rentrer à l’intérieur.
Pour moi, l’automne est ma saison préférée. Son brouillard mystérieux, sa lumière si particulière, une espèce de mélange de The Cure et Baudelaire. En automne, je marche, je réfléchis, je pose autant que possible le mental.
C’est le moment où l’on peut enfin entendre ce que j’appelle le chant de l’âme : cette petite voix intérieure couverte par l’été. La nature ne lutte pas contre le cycle des saisons. L’arbre ne s’acharne pas à garder ses feuilles. Il lâche, et si nous faisions de même ?
Le stop mental, ce n’est pas faire le vide de force. C’est simplement poser le stylo un instant. S’asseoir près d’une fenêtre, une tasse chaude entre les mains, et regarder la pluie tomber. Marcher dans les feuilles mortes sans but précis. Respirer, et remarquer qu’on respire.
Dans ce silence retrouvé naît la quiétude. Pas une absence de vie, mais une présence plus pleine. C’est dans cet espace calme que l’écoute du cœur devient possible. Car le cœur ne parle jamais plus fort que le mental : il attend qu’on se taise pour se faire entendre.
Avant de regarder devant, l’automne nous invite à nous retourner un instant. Non pas pour juger, mais pour comprendre. L’année a été faite d’expériences, de rencontres, et sans doute aussi de chutes. Il y a eu des moments lumineux et des moments plus sombres. Des portes qui se sont ouvertes, d’autres qui se sont fermées.
Chaque chute porte un enseignement. Chaque rencontre, même brève, a laissé une trace. Prendre le temps de les accueillir, c’est faire de son vécu un terreau plutôt qu’un fardeau. Comme les feuilles tombées qui nourrissent la terre, nos expériences passées deviennent l’humus de ce qui va germer.
Le mental fait des plans. Le cœur, lui, connaît une direction. Il sait ce qui nous fait vibrer, ce qui nous éteint, ce vers quoi nous avons envie de grandir. Encore faut-il lui laisser la parole.
Ce que le cœur projette pour l’année prochaine n’a pas besoin d’être raisonnable : il a besoin d’être vrai.





