Une chose me frappe : Les problématiques que mes clients apportent aujourd’hui n’ont plus grand-chose à voir avec celles d’il y a dix ans. Bien sûr, les questions de carrière, de management ou de confiance en soi sont toujours présentes. Mais quelque chose a changé.
Nous vivons dans un monde où les outils sont plus performants que jamais, où l’information est accessible instantanément, où l’intelligence artificielle promet de nous faire gagner du temps, où les organisations cherchent à être plus agiles, plus innovantes, plus efficaces. Plus, plus, plus… Et pourtant. Je rencontre de plus en plus de femmes et d’hommes compétents qui doutent davantage. Des dirigeants qui se sentent seuls, des managers épuisés de devoir arbitrer en permanence entre performance et humanité, des professionnels qui réussissent objectivement mais qui ne savent plus vraiment comment mesurer leur propre réussite.
Comme si nous étions devenus extrêmement efficaces pour produire, mais de moins en moins habiles pour habiter pleinement ce que nous produisons. L’un des paradoxes les plus marquants de cette époque est sans doute celui-ci : Plus nous avons accès à des réponses, plus les bonnes questions deviennent précieuses.
L’intelligence artificielle répond, les moteurs de recherche répondent, les indicateurs répondent, les tableaux de bord répondent… mais aucune technologie ne peut répondre à notre place aux questions essentielles :
Suis-je encore à la bonne place ? Quelle décision est juste pour moi ? Qu’est-ce que je ne veux plus accepter ? Que suis-je en train de sacrifier pour maintenir cette image de réussite ? Ces questions-là relèvent moins de l’information que du discernement.
Et c’est précisément là que se situe aujourd’hui une grande partie des accompagnements. Je constate également un autre phénomène : La fatigue n’est plus seulement liée à la charge de travail.
Elle est souvent liée à la charge de contradictions : Être performant mais disponible ; Etre stratégique mais proche du terrain ; Être ambitieux sans paraître trop ambitieux ; Être humain sans perdre son autorité ; Être adaptable sans se perdre.
Ces tensions traversent aujourd’hui de nombreux professionnels et elles ne relèvent pas d’un manque de compétences mais d’une complexité croissante des rôles que nous occupons.
C’est pourquoi je me méfie de plus en plus des recettes rapides et des injonctions au développement personnel. La plupart des personnes que j’accompagne n’ont pas besoin qu’on leur explique comment faire davantage, elles ont besoin d’un espace pour comprendre ce qui compte vraiment.
Un espace où elles peuvent déposer leurs hésitations sans avoir à les justifier (surtout !) et porter un regard compréhensif sur leurs croyances, leurs automatismes, leurs peurs et leurs aspirations avec lucidité. Derrière le mal être professionnel, la recette toxique gagnante est faite du besoin de reconnaissance + la peur de décevoir + la difficulté à poser des limites (ah le savoir dire NON) + le sentiment de ne jamais être assez (interdit d’être une patate de canapé !) + l’envie de contribuer à quelque chose qui a du sens (oui mais qui sauver en premier ?)
Aussi, je suis moins fascinée par les performances individuelles et collectives que par la capacité des personnes à rester alignées avec elles-mêmes dans un environnement qui change constamment. J’adopte donc définitivement la posture de proposer de développer la qualité de présence et de réflexion qui permet d’affronter sereinement les questions importantes plutôt que de faire du plus, du moins, du mieux. #CEPM#BILANDECOMPETENCES#COACHING#NOUVELESPACE
PHOTO GÉNÉRÉE PAR IA SUR UNE PHOTO ORIGINALE (en portrait) réalisé par #magalibauer#studioM
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